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Association pour la prévention des phénomènes de harcèlement entre élèves

 La cicatrice de Bruce Lowery est paru en 1960. Il est disponible en collection de poche, J'ai Lu.

 

 

 

 

 

Extrait de la quatrième de couverture: 

"J'étais, sans le savoir, un enfant heureux, relativement heureux, il est vrai. Mais ce n'était qu'une impression d'ensemble. Car ma vie, même alors, ne manquait pas de petits malheurs auxquels je n'arrivais pas à m'habituer. Il faut remonter à novembre 1944. J'avais treize ans. " Jeff porte sur la lèvre un petit bec-de-lièvre que tout le monde nomme la " cicatrice ". Une infirmité dont il ne connaît pas la cause et qui lui vaut moqueries et méchancetés de toutes sortes. Parce qu'il ne sait s'en défendre, il intériorise toute cette douleur, toutes ces blessures morales répétées. A cet âge si sensible, s'enfermant peu à peu, il souffre et fait souffrir ceux qui l'aiment sans réserve...

Maman me l’avait pourtant bien dit : « Jeff, tu peux nous confier les problèmes que tu rencontres à l’école. Nous t’écouterons, ton père et moi. Nous sommes là pour ça. »
Malgré tout, je n’ai rien dit.
Chaque fois que mon cas s’est aggravé, j’ai continué de garder le silence.
À un moment, ça a été trop tard pour revenir en arrière…

Tout a commencé parce que j’ai un vilain visage : un bec de lièvre qu’à la maison on appelle pudiquement « ma cicatrice ». Ma mère en est si malheureuse… Je suis moche mais, malgré ça, tout le monde m’aimait chez nous, même Bubby, mon petit frère, qui se fichait bien de ma cicatrice.
À l’école, à cause de cette cicatrice, les autres se moquaient de moi, et même me faisaient subir toutes sortes d’avanies, de méchancetés et de menaces. Toujours, les plus forts se liguaient contre les plus faibles : je les au vu cogner un gars parce pour la seule raison qu’il était malingre ; ou encore, ils ne voulaient jamais jouer avec moi.

Et puis est venu Willy, à qui personne ne disait rien parce que large comme une armoire à glace. Willy s’était pris d’amitié pour moi et les autres n’ont plus rien osé me faire de mal. Il m’a sauvé de bien des brimades ! Quel bonheur que cette nouvelle amitié !
Comme moi, il se passionne pour les timbres-poste, ces jolies vignettes de toutes les couleurs qui font voyager dans le monde entier.
Mais ne m’aimait-t-il pas seulement par pitié ? Ou pour montrer aux autres son esprit d’indépendance ?

Maman m’avait dit aussi : « Les mauvaises impulsions ? Mais mon petit, c’est tout à fait normal. Des idées étranges, il en passe dans l’esprit de tout le monde. On les chasse, voilà tout. »
Rien à faire : je n’ai pu m’empêcher de faire du mal à Willy.
Alors ? Résultat : tous à nouveau, ou encore plus, contre moi.
J’ai eu beau mentir pour me fabriquer un alibi, personne n’a voulu me croire.
C’est vrai, j’ai tendance à voler et je m’étais bien sorti d’une première affaire. Mais là, j’ai été acculé.

Au fond de moi, je ressentais une sorte de lassitude, un dégoût de moi-même. Mon envie de vivre était comme anéantie. J’ai complètement perdu confiance en moi et je ne savais plus s’il fallait choisir le bien ou le mal.
À l’école, j’étais mauvais par vengeance et, à la maison, j’étais bon parce que couvé par l’affection de ma famille.
J’ai continué de garder le silence, alors que « rien n’est pire avec nos proches que les lacunes du silence ».

Willy a fini par dire de moi : « Laissons-le, c’est un pauvre type. »
Oui ! Un pauvre type ! Me voilà décrit en deux mots. Me voilà réduit à ce que je suis…

Maman qui devine tout m’avait encore dit : « Si tu as du chagrin, nous sommes là pour te consoler. »
Pourquoi ai-je sabordé mon amitié avec Willy ?
De rage, je m’en suis même pris à mon petit frère, pauvre innocent qui voulait juste m’offrir un peu de réconfort…

Maintenant, je suis coupable du pire. C’est cet étranger en moi qui m’a poussé au crime.
Pourquoi me suis-je acharné contre moi-même ? Par curiosité de l’inconnu ? Par désir de savoir ce qu’il y a dans l’abîme ? Pour comprendre jusqu’où on peut aller ?
Ronald, qui était jaloux comme un teigne et qui aurait voulu l’amitié de Willy pour lui tout seul, m’avait prévenu : « Tes parents, ils t’ont bien raté ! »
Voilà, je dois regarder les choses en face : voilà ce qui me reste pour vivre.
Quel poids insupportable que cette cicatrice !…

Merci à Daniel Lamotte pour cette fiche de lecture.