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  Quand un groupe de filles

sème la terreur



Dans un lycée professionnel, cinq filles font régner la terreur dans leur classe de terminale.

" On est dans une classe où il y a pas mal de problèmes. C'est un groupe de cinq filles qui provoque. Elles font du racket : pour des petites choses, bien sûr, mais c’est quand même du racket. Elles demandent des cigarettes ou de l'argent pour aller boire au distributeur et, si on ne leur donne pas, elles menacent. Elles disent: « de toute façon on t'aura à la sortie, tu vas morfler », des machins comme ça.
Il y a aussi beaucoup de choses qui se passent dans les cours et qui empêchent de travailler. Moi, par exemple, quand j'interviens en histoire pour répondre à une question du professeur, elles disent: « mais qu'est-ce que c'est que cette conne, elle a appris le dictionnaire par cœur ». Des fois, elles insultent carrément les profs. Mais insulter vraiment: c'est pas « vous m'embêtez », c'est « vous m'emmerdez ». Il y a quand même un problème. Il y a un respect à tenir, quand même. Elle disent au prof: « Je vous emmerde, ou vous êtes pas belle, vous vous habillez mal ». Elles font la chèvre ou le cochon, ou des fois elles font semblant de jouir.
On a un prof, un homme, c'est un jeune. Il est pas trop mal. Elles le font rougir. Elles lui ont dit « mon chéri » en pleine classe, lui ça ne lui a pas plu, mais il n'a rien dit. Elles arrivent en cours avec dix minutes de retard, elles prennent le cahier d'appel et elles se rayent.
Ça se passe comme ça avec presque tous les profs. Il y en a quelques uns qui ont un peu plus d'autorité, mais au bout d'un moment ils s'épuisent. On attendrait qu'ils réagissent. Il y a un manque d'autorité. Ils devraient dire quelque chose. Il y a des filles qui veulent réussir, celles qui ne veulent rien faire nuisent au travail des autres. Et je pense que les professeurs ne réagissent pas assez, je sais pas si c'est la peur ou si c'est qu'ils n’osent pas. Quand elles sont arrivées au lycée, ces filles, elles avaient 15 ou 16 ans. A cet âge, normalement, on peut limiter quelqu’un, on peut lui dire : « stop ! Maintenant tu arrêtes ! »
Au début, on voulait réagir avec toute la classe, mais on s'est retrouvé à trois ou quatre. Le proviseur a demandé qu'on fasse une lettre pour dire ce qui se passait. Et bien, même les filles qui au début étaient avec nous, celles qui ont eu des croche-pattes à longueur de temps, des brûlures de cigarettes, des cheveux coupés et des bombes lacrymogènes dans la figure, elles n’ont rien dit, elles ont dit qu'il y avait une mauvaise entente dans la classe mais que ça s'arrangerait.
Les cinq filles elles ont été exclues quelques jours, mais elles ont dit que ça leur faisait des vacances et elles venaient quand même au lycée pour narguer les profs, pour montrer qu'elles faisaient quand même ce qu'elles voulaient. Elles disaient : « on a des copains de Paris qui vont descendre. Ils vous attendront à la sortie, on vous chopera un jour ». Elles montraient qu'elles en avaient rien à faire d'être renvoyées.
C'est des filles qui sont là juste pour être à l'école. Il faut dire qu'elles ont toutes passé leur BEP en contrôle continu, c'est les notes des deux ans qui comptent, et vu qu'elles trichent à longueur de temps ! Elles sont arrivées en bac pro sans problème. Si elles avaient passé un examen comme tout le monde, elles ne seraient pas arrivées en bac professionnel. Elles n’ont pas les capacités, elles ont des feuilles de pompe. "